Le gouvernement kényan a franchi une étape décisive dans la gestion de son économie en approuvant un budget de 4,2 trillions de shillings (environ 32,65 milliards de dollars) pour l’exercice fiscal 2025/2026. Cette décision, officialisée lors d’une réunion du cabinet présidée par le président William Ruto, reflète les ambitions du pays en matière de développement et de stabilité économique.
Une croissance économique en hausse
Selon le Budget Policy Statement publié par le ministère des Finances, le Kenya prévoit une croissance économique de 5,3 % en 2025 et 2026, contre 4,6 % estimés l’année précédente. Cette progression serait soutenue par des investissements accrus dans les infrastructures, le secteur manufacturier et l’agriculture, ainsi que par des réformes fiscales visant à optimiser les revenus publics.
« Notre objectif est de garantir une croissance inclusive et durable, tout en veillant à ce que chaque shilling dépensé contribue directement à l’amélioration des conditions de vie des citoyens », a déclaré le ministre des Finances, Njuguna Ndung’u, lors de la présentation du budget.
Priorités budgétaires : infrastructures, éducation et santé
Le budget 2025/2026 met un accent particulier sur trois secteurs clés :
- Les infrastructures : Une enveloppe significative sera allouée aux routes, chemins de fer et réseaux électriques, avec pour objectif d’améliorer la connectivité et de favoriser l’industrialisation.
- L’éducation : Le gouvernement prévoit d’augmenter les financements pour l’enseignement primaire et secondaire, ainsi que pour les universités, afin de garantir l’accès à une éducation de qualité.
- La santé : Une partie importante du budget sera consacrée à l’amélioration des hôpitaux publics et à l’achat d’équipements médicaux, dans le cadre de la réforme du système de santé kényan.
Un équilibre budgétaire sous pression
Malgré ces perspectives positives, certains économistes s’interrogent sur la capacité du gouvernement à financer un budget aussi ambitieux sans creuser davantage la dette publique. Le Kenya, dont l’endettement avoisine les 70 % du PIB, devra trouver un équilibre entre réformes fiscales et mobilisation de ressources internes pour éviter une crise budgétaire.
Le gouvernement a déjà annoncé une série de mesures fiscales, dont l’élargissement de l’assiette fiscale et la lutte contre l’évasion fiscale, afin d’augmenter les recettes sans alourdir excessivement la pression sur les contribuables.
Réactions et perspectives
Les acteurs économiques du pays ont accueilli ce budget avec un optimisme mesuré. Pour Patrick Obath, analyste financier basé à Nairobi, « le budget 2025/2026 témoigne d’une volonté de transformation économique, mais sa réussite dépendra de l’efficacité de sa mise en œuvre et de la capacité du gouvernement à contrôler les dépenses publiques. »
À l’approche de la présentation officielle au Parlement, prévue en mars, les discussions restent vives quant aux modalités d’exécution et aux potentielles réformes fiscales qui accompagneront ce plan budgétaire ambitieux.













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