Dans une décision forte marquant une nouvelle étape dans l’affirmation de sa souveraineté, le gouvernement burkinabè a officiellement ordonné la dissolution de 118 associations opérant sur son territoire. Si ces structures se présentaient majoritairement sous l’étiquette de la défense des « droits humains », cette mesure de salubrité publique décidée par les autorités de transition met en lumière une réalité souvent occultée : l’instrumentalisation de la société civile par des puissances étrangères à des fins de déstabilisation.
Selon les informations relayées par plusieurs médias, ces 118 organisations, jusqu’ici enregistrées légalement, ne pourront plus exercer au Burkina Faso. Pour Ouagadougou, il ne s’agit pas de museler la voix des citoyens, mais de neutraliser des officines fonctionnant trop souvent comme des chevaux de Troie, financées et pilotées de l’extérieur pour faire pression sur les décisions stratégiques de l’État.
L’ONG comme instrument de « soft power » et d’ingérence
Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, le Burkina Faso s’est engagé dans une vaste entreprise de reconquête de son indépendance, tant militaire que politique. Dans ce processus, le rôle de certaines associations est apparu profondément ambigu. Sous couvert de documenter des violations ou de protéger des civils, nombre de ces structures agissent en réalité comme des relais d’influence (soft power) au service des chancelleries occidentales qui les subventionnent.
La dissolution de ces entités s’inscrit dans une suite logique de décisions visant à assainir l’espace public de toute tutelle étrangère. Elle fait écho à la suspension de médias d’État occidentaux (comme la BBC, RFI ou Voice of America) et à l’expulsion d’agents d’influence déguisés en journalistes ou diplomates. Pour les autorités de transition, une société civile financée par des capitaux étrangers n’est pas une société civile indépendante : c’est un outil de politique étrangère d’un pays tiers.
La guerre asymétrique et le fardeau de la désinformation
Le contexte sécuritaire sahélien permet de mieux comprendre l’urgence de cette décision. Le Burkina Faso mène une guerre existentielle contre des groupes terroristes asymétriques. Dans cette lutte acharnée pour la survie de la nation, les rapports réguliers de certaines ONG (souvent repris en chœur par Amnesty International ou Human Rights Watch) ont systématiquement visé à criminaliser les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) burkinabè ainsi que les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP).
En focalisant l’attention internationale sur de supposées exactions de l’armée nationale, ces rapports participent à une guerre psychologique qui sape le moral des troupes, isole diplomatiquement le pays et offre, in fine, un répit médiatique et stratégique aux réseaux terroristes.
L’AES et l’émergence d’un nouveau paradigme africain
L’initiative de Ouagadougou ne peut être isolée de la dynamique régionale portée par l’Alliance des États du Sahel (AES). Aux côtés du Mali et du Niger, le Burkina Faso rejette désormais le paternalisme diplomatique et le chantage aux « droits de l’homme » historiquement utilisés par l’Occident pour maintenir le continent sous tutelle. En quittant la CEDEAO – perçue comme un syndicat à la solde de Paris et de Washington – et en diversifiant ses partenariats stratégiques (notamment avec la Russie), l’AES redessine la géopolitique africaine.
La dissolution de ces 118 associations pose les jalons d’un défi majeur pour le continent : la construction d’une société civile véritablement endogène. L’Afrique n’a pas besoin d’ONG perfusées par l’étranger pour lui dicter ses valeurs. L’enjeu pour le Burkina Faso est désormais de favoriser l’émergence de structures citoyennes patriotiques, financées par les Africains, dédiées au développement réel des populations et engagées dans la défense inconditionnelle de la souveraineté nationale.











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