Séisme à la CAF : Le titre retiré au Sénégal, le Maroc sacré sur tapis vert

C’est un coup de tonnerre qui vient de frapper le football continental. Ce mardi 17 mars 2026, le Jury d’Appel de la CAF a rendu un verdict historique : le Sénégal perd son titre de champion d’Afrique au profit du Maroc. Entre rigueur règlementaire et incompréhension populaire, l’Afrique du football retient son souffle.

Le football africain ne finira jamais de nous surprendre, mais cette fois, ce n’est pas sur le rectangle vert que l’histoire s’est écrite. Trois mois après le sacre des Lions de la Teranga au complexe sportif Moulay Abdellah de Rabat, la Confédération Africaine de Football (CAF) a décidé de réécrire le palmarès de la 35ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations.

Le règlement plus fort que le terrain

L’instance faîtière du football africain a tranché en faveur de la plainte marocaine, s’appuyant sur une lecture stricte des articles 82 et 84 du règlement de la CAN.

Pour rappel, lors de la finale du 18 janvier dernier, les joueurs d’Aliou Cissé avaient suspendu le jeu pendant une vingtaine de minutes, quittant momentanément la pelouse pour protester contre une décision arbitrale litigieuse. Si le match était allé à son terme avec une victoire sénégalaise (1-0), la CAF considère désormais que cet acte constitue un forfait administratif.

« Le règlement est la colonne vertébrale de notre institution. Le retrait momentané d’une équipe sans l’aval de l’officiel de match entraîne automatiquement la perte de la rencontre par forfait (3-0) », précise le communiqué du Jury d’Appel.

Le Maroc champion, le Sénégal déchu

Le palmarès est donc modifié : le Maroc décroche sa deuxième étoile, cinquante ans après celle de 1976. Pour le Sénégal, qui pensait avoir réussi l’exploit de conserver son trône, c’est une désillusion immense. Ce retrait de titre est une première dans l’histoire moderne de la compétition, et il soulève de nombreuses questions sur la gestion des tensions arbitrales lors des grands rendez-vous.

Vers un bras de fer au TAS ?

Au-delà du sport, cette décision fragilise l’unité du football continental. À Dakar, la colère gronde et la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a déjà laissé entendre qu’elle ne compte pas en rester là. Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne devrait être saisi dans les prochaines heures pour tenter d’annuler cette sanction jugée « disproportionnée » par les supporters sénégalais.

Dans un continent où le football est un puissant vecteur d’unité, ce verdict administratif risque de laisser des traces durables entre deux grandes nations sœurs du ballon rond.

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El Djezairi Bilal est journaliste et analyste politique, passionné par les luttes d'émancipation et l'histoire contemporaine du continent africain. Héritier d'une tradition éditoriale fondée dans le souffle de l'indépendance algérienne, il a ressuscité Révolution Africaine — titre historique né au lendemain de 1962 et disparu depuis — pour en faire un média numérique d'actualité panafricaine. À travers ce projet de mémoire et de continuité, il ambitionne d'offrir une information rigoureuse et engagée sur les mutations politiques, sociales et géopolitiques qui traversent l'Afrique d'aujourd'hui. Fidèle à l'esprit combatif du titre originel, il défend une presse africaine indépendante, ancrée dans les réalités du continent et accessible à tous.