le Japon s’impose comme partenaire stratégique du Bénin

À l’heure où de nombreux partenariats internationaux s’inscrivent dans une logique de grands projets, le Japon mise sur l’ancrage local pour soutenir durablement le développement du Bénin. Une stratégie discrète mais efficace, qui s’illustre par des investissements ciblés dans l’éducation, l’agriculture et la sécurité, au bénéfice direct des communautés.

Le 21 mars 2025, une délégation de journalistes béninois a sillonné plusieurs localités du département de l’Atlantique. Objectif : constater sur le terrain l’impact des projets financés par l’ambassade du Japon, dans le cadre de son programme d’Aide Non-Remboursable pour les Projets Locaux à la Sécurité Humaine (APL). Et le constat est sans appel : les résultats sont tangibles, concrets, et changent la vie.

Une école moderne à Glo-Djigbé : pari sur la jeunesse

Dans la commune d’Abomey-Calavi, le CEG 1 de Glo-Djigbé est devenu un modèle. Grâce à un financement de plus de 103 millions de FCFA du Japon, sept salles de classe, un laboratoire de sciences et huit cabines de latrines y ont été construits. L’établissement, inauguré en 2023, offre aujourd’hui un cadre d’apprentissage digne aux élèves, et contribue à lutter contre la surcharge des effectifs, fréquente dans les zones périurbaines. L’investissement ne se limite pas aux bâtiments : les équipements livrés permettent un enseignement scientifique de qualité, condition indispensable à la formation des futurs cadres béninois.

Transformation agricole : les femmes en première ligne

À Allada, dans la localité d’Ahomey-Gblon, c’est l’activité du groupement féminin Glé Dokou qui a attiré l’attention. Composé de 221 membres, le groupement a bénéficié de 85 millions de FCFA pour moderniser son unité de transformation artisanale de noix de palme. Deux hangars, un magasin de stockage, un bureau, et surtout un ensemble de machines ont été installés, permettant de réduire les pertes et d’augmenter la productivité. Résultat : la production d’huile rouge est passée de 11-12 bidons à 15-16 bidons par cycle, avec un impact direct sur les revenus des femmes. Au-delà du volet économique, ce projet illustre l’approche genre de la coopération japonaise, qui place les femmes au cœur du développement rural.

Sécurité et expertise régionale : le rôle central du CPADD

La coopération entre le Japon et le Bénin ne s’arrête pas aux domaines classiques du développement. Depuis 2009, Tokyo appuie financièrement le Centre de Perfectionnement aux Actions Post-Conflictuelles de Déminage et de Dépollution (CPADD) basé à Ouidah. Avec plus de 4 millions de dollars investis, le centre s’est imposé comme une référence en Afrique francophone dans la lutte contre les mines antipersonnel et les engins explosifs. L’appui japonais a permis de rénover les infrastructures, de construire des logements pour les stagiaires, et d’élargir les capacités de formation. Le CPADD accueille désormais des experts militaires et civils venus de tout le continent, faisant du Bénin un pôle régional de compétence en matière de sécurité post-conflit.

Une coopération au service de la dignité humaine

À travers ces projets, le Japon confirme une vision du développement fondée sur la proximité, l’efficacité et l’écoute des besoins locaux. Le programme APL, déployé dans plusieurs pays d’Afrique, se distingue par sa simplicité d’accès : les ONG, coopératives et collectivités béninoises peuvent directement soumettre des projets à l’ambassade, évitant ainsi les lourdeurs administratives des grands bailleurs. C’est une diplomatie du concret, qui mise sur la confiance et la stabilité à long terme.

Dans un paysage international où les partenariats Sud-Sud prennent de l’ampleur, l’approche japonaise – rigoureuse, structurée, mais résolument centrée sur l’humain – apparaît comme une alternative crédible et durable. Au Bénin, elle trouve un terrain fertile, et surtout, des partenaires engagés.