Palestine, en attendant la liberté…

Genèse d’un conflit centenaire


Le conflit israélo-palestinien plonge ses racines dans la fin du XIXe siècle, alors que le mouvement sioniste, né en Europe, promeut l’établissement d’un État juif en Palestine. La déclaration Balfour de 1917, par laquelle la Grande-Bretagne soutient ce projet, marque un tournant. Après la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, l’ONU propose en 1947 un plan de partage de la Palestine en deux États, l’un juif, l’autre arabe. Les dirigeants sionistes acceptent, mais les Palestiniens et les États arabes voisins le rejettent, craignant une injustice historique.

En 1948, la création de l’État d’Israël déclenche la première guerre israélo-arabe. Cette période, nommée Nakba (« catastrophe ») par les Palestiniens, se solde par l’expulsion de plus de 700 000 Palestiniens et la destruction de centaines de villages. Israël étend son territoire au-delà du plan de partage, tandis que la Cisjordanie et Gaza passent sous contrôle jordanien et égyptien. La guerre des Six Jours (1967) consolide l’occupation israélienne de ces territoires, ainsi que de Jérusalem-Est, ouvrant une ère de colonisation illégale au regard du droit international.

L’échec des processus de paix et la montée des tensions


Les accords d’Oslo (1993-1995), censés mener à une solution à deux États, échouent à concrétiser l’autodétermination palestinienne. La colonisation s’accélère, fragmentant la Cisjordanie, tandis que Gaza, sous blocus depuis la prise du pouvoir par le Hamas en 2007, devient une « prison à ciel ouvert ». Les offensives militaires israéliennes répétées (2008, 2014, 2021) y causent des milliers de morts civils, alimentant un cycle de violence.

Le 7 octobre 2023 : Un tournant tragique


L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui fait plus de 1 200 morts israéliens et des dizaines d’otages, est présentée par le groupe comme une réponse à l’oppression subie par les Palestiniens. La réaction israélienne est d’une brutalité sans précédent : bombardements massifs sur Gaza, couvre-feu total, ordre d’évacuation de 1,1 million de personnes. En quelques mois, le bilan palestinien dépasse les 45 000 morts, majoritairement des femmes et des enfants, selon les autorités sanitaires de Gaza. Des écoles, hôpitaux et camps de réfugiés sont ciblés, tandis que l’aide humanitaire est entravée, plongeant la population dans la famine.

Un génocide en cours


Le terme de génocide, défini par l’ONU comme des actes commis dans l’intention de détruire un groupe national, ethnique ou religieux, est aujourd’hui employé par des experts internationaux, ONG et États pour qualifier l’offensive israélienne. Les preuves s’accumulent : discours déshumanisants de responsables israéliens envers les Palestiniens, destruction systématique d’infrastructures vitales, et stratégie visant à rendre Gaza inhabitable. La Cour internationale de Justice (CIJ) a d’ailleurs ordonné en janvier 2024 à Israël de « prévenir tout acte génocidaire », soulignant un risque plausible.

Un gouvernement israélien hostile à la paix


L’État israélien, dirigé par une coalition ultranationaliste et religieuse, rejette ouvertement la solution à deux États. La colonisation en Cisjordanie se poursuit, avec plus de 700 000 colons illégaux, fragmentant davantage un futur État palestinien. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, confronté à des accusations de corruption, instrumentalise la sécurité pour conserver le pouvoir, tout en sabotant historiquement les efforts de paix (notamment sous les mandats de Yitzhak Rabin ou Ehud Barak).

Après le 7 octobre, les déclarations de responsables israéliens — évoquant le « transfert » des Palestiniens ou la « disparition de Gaza » — confirment une vision expansionniste et excluant toute souveraineté palestinienne. Le refus de négocier avec le Hamas, pourtant acteur incontournable, et le soutien inconditionnel des États-Unis et de l’Europe, permettent à Israël d’agir en toute impunité.

L’urgence d’un sursaut international qui regarde ailleurs


Le conflit israélo-palestinien incarne l’échec d’un système international à protéger les droits des peuples. La qualification de génocide, bien que contestée par certains gouvernements, reflète une réalité : celle d’un peuple nié dans son existence et son droit à résister. Sans pression ferme sur Israël pour lever le blocus, stopper la colonisation et reconnaître les droits palestiniens, la paix restera un mirage.

Comme l’écrivait le poète Mahmoud Darwich, « sur cette terre, il y a ceux qui mérite la vie » — une vie que les Palestiniens attendent toujours.

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El Djezairi Bilal est journaliste et analyste politique, passionné par les luttes d'émancipation et l'histoire contemporaine du continent africain. Héritier d'une tradition éditoriale fondée dans le souffle de l'indépendance algérienne, il a ressuscité Révolution Africaine — titre historique né au lendemain de 1962 et disparu depuis — pour en faire un média numérique d'actualité panafricaine. À travers ce projet de mémoire et de continuité, il ambitionne d'offrir une information rigoureuse et engagée sur les mutations politiques, sociales et géopolitiques qui traversent l'Afrique d'aujourd'hui. Fidèle à l'esprit combatif du titre originel, il défend une presse africaine indépendante, ancrée dans les réalités du continent et accessible à tous.