Madagascar : Face à la « Refondation », la société civile exige des garanties démocratiques

Le ton monte à Antananarivo. Alors que les nouvelles autorités de la transition prônent une « Refondation » totale de l’État, les principales Organisations de la Société Civile (OSC) malgaches ont lancé, ce 28 novembre, un appel solennel à la vigilance. Elles redoutent une confiscation du pouvoir et exigent une feuille de route claire.

Par la Rédaction

C’est un rappel à l’ordre qui ne passera pas inaperçu sur la Grande Île. Réunies en plateforme commune à Antananarivo, plusieurs figures de la société civile malgache ont brisé le silence face à l’incertitude politique qui plane sur le pays. Si la nécessité de réformer les institutions fait consensus, la méthode employée par les autorités actuelles divise.

« Pas de chèque en blanc »

Au cœur des inquiétudes : l’absence de calendrier électoral précis et la concentration des pouvoirs exécutifs. Pour les OSC, la période de transition, bien que nécessaire, ne doit pas devenir un état permanent ni servir de prétexte à un recul démocratique.

> « Nous soutenons la volonté de redresser le pays, mais cela ne peut se faire dans l’opacité. Nous ne signerons pas de chèque en blanc. Le peuple malgache a le droit de savoir où on l’emmène et pour combien de temps », a déclaré un porte-parole du collectif lors de la conférence de presse.

Trois exigences majeures

Dans leur communiqué, les organisations ont listé trois conditions non-négociables pour accompagner le processus en cours :

  1. Une feuille de route consensuelle : La publication immédiate d’un calendrier de fin de transition menant à des élections libres.
  2. L’inclusivité : L’intégration de toutes les forces vives (syndicats, associations, partis d’opposition) dans les discussions sur la nouvelle Constitution.
  3. Le respect des libertés : L’arrêt immédiat des pressions signalées sur certains journalistes et activistes ces dernières semaines.

Un test pour le pouvoir en place

Cet appel place les autorités de la transition face à leurs contradictions. Jusqu’ici, le discours officiel mettait en avant la nécessité de « nettoyer » le pays de la corruption avant d’envisager tout scrutin.

Pour Révolution Africaine, ce bras de fer naissant à Madagascar est symptomatique des défis actuels du continent : comment concilier l’urgence du développement et de la souveraineté avec l’impératif démocratique ? La réponse du gouvernement malgache dans les prochains jours sera déterminante pour la stabilité de l’océan Indien.

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El Djezairi Bilal est journaliste et analyste politique, passionné par les luttes d'émancipation et l'histoire contemporaine du continent africain. Héritier d'une tradition éditoriale fondée dans le souffle de l'indépendance algérienne, il a ressuscité Révolution Africaine — titre historique né au lendemain de 1962 et disparu depuis — pour en faire un média numérique d'actualité panafricaine. À travers ce projet de mémoire et de continuité, il ambitionne d'offrir une information rigoureuse et engagée sur les mutations politiques, sociales et géopolitiques qui traversent l'Afrique d'aujourd'hui. Fidèle à l'esprit combatif du titre originel, il défend une presse africaine indépendante, ancrée dans les réalités du continent et accessible à tous.