Au Mali, une nouvelle tactique met en lumière la vulnérabilité de la junte au pouvoir et l’expansion croissante du principal groupe jihadiste du pays. Le JNIM (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans) ne se contente plus d’opérer dans ses bastions historiques ; il cible désormais les artères économiques du pays en étranglant l’approvisionnement en carburant de la capitale, Bamako.
Un Blocus Pétrolier aux Conséquences Immediates
Les images de camions-citernes calcinés ou abandonnés se multiplient en ce mois de novembre sur les axes routiers vitaux du Mali. Ces attaques ciblées visent les convois pétroliers en provenance des ports de Dakar (Sénégal) et d’Abidjan (Côte d’Ivoire), les principales sources d’approvisionnement pour ce pays enclavé.
Cette stratégie de blocus entraîne déjà des conséquences désastreuses :
- Pénuries Massives : Les files d’attente s’allongent devant les stations-service de la capitale et d’autres grandes villes.
- Paralysie Économique : Le manque de carburant ralentit fortement l’activité, ajoutant une pression économique considérable sur la junte militaire.
- Impuissance Sécuritaire : Ni l’armée malienne ni ses alliés russes de l’Africa Corps (qui a remplacé Wagner) ne semblent capables d’empêcher ces guets-apens.
L’Expansion Stratégique d’un Groupe Affilié à Al-Qaïda
Ce n’est pas un hasard si le JNIM peut aujourd’hui mener de telles opérations. Ce groupe, émanation d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) et fort d’environ 6 000 combattants, a méthodiquement étendu son influence.
Traditionnellement basé dans les vastes zones désertiques du nord, le JNIM a réussi à pénétrer en profondeur dans les régions rurales de l’ouest et du sud du Mali. C’est cette expansion territoriale qui lui permet désormais d’opérer si près des axes stratégiques menant à Bamako.
Terroriser pour Déstabiliser
Malgré cette nouvelle capacité de nuisance, le JNIM n’a probablement pas les moyens de conquérir militairement la capitale. Bamako, métropole de plus de trois millions d’habitants, reste le centre névralgique du dispositif militaire malien.
La stratégie du groupe relève davantage de la guérilla et de la terreur. L’objectif n’est pas de prendre le pouvoir directement, mais de :
- Contrôler les Zones Rurales : Le groupe s’implante dans des localités pour y imposer par la force sa vision rigoriste de l’islam.
- Semer la Peur : Le JNIM multiplie les enlèvements et les assassinats pour dissuader toute résistance ou collaboration avec l’État. L’exécution publique de Mariam Cissé, une jeune femme connue sur TikTok et accusée d’informer l’armée, a récemment suscité une vive émotion et illustre cette volonté de terroriser.
Quel est l’Objectif Final ?
Selon les analyses de certains services de renseignement, l’objectif ultime de cette stratégie d’usure serait de provoquer la chute de la junte. En créant un chaos économique et sécuritaire, le JNIM espère peut-être forcer l’arrivée d’un nouveau pouvoir, plus faible, avec lequel il pourrait négocier l’instauration d’un califat islamique sur certaines parties du territoire.
Cette menace dépasse largement les frontières du Mali, faisant craindre un effet domino dans des pays voisins comme le Niger et le Burkina Faso, eux aussi confrontés à la même instabilité.












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