Guinée-Bissau : La commission électorale déclare impossible la publication des résultats après la destruction du matériel électoral

Guinée-Bissau

Deux semaines après le coup d’État militaire du 26 novembre en Guinée-Bissau, la Commission nationale électorale a annoncé son incapacité totale à proclamer les résultats de l’élection présidentielle du 23 novembre. Des hommes armés ont détruit le matériel électoral et confisqué les procès-verbaux, sabotant délibérément le processus démocratique dans ce pays ouest-africain historiquement instable.

Un coup d’État qui efface la volonté populaire

La déclaration d’Idriça Djalo, secrétaire exécutif adjoint de la Commission nationale électorale (CNE) de Guinée-Bissau, est tombée comme un couperet le mardi 2 décembre 2025 : « Les conditions logistiques et matérielles ne sont pas réunies pour conclure le processus électoral et proclamer les résultats. Tout le matériel électoral a été détruit et il n’existe aucun procès-verbaux des élections. »

Cette annonce marque l’épilogue d’une séquence démocratique sabotée en Guinée-Bissau, où les électeurs s’étaient massivement mobilisés le 23 novembre pour départager le président sortant Umaro Sissoco Embaló et son challenger Fernando Dias da Costa. Avec un taux de participation dépassant les 65%, les Bissau-Guinéens avaient répondu présent pour exercer leur droit constitutionnel. Trois jours plus tard, leur choix était purement et simplement annulé par la force des armes.

Le président de la CNE, Mpabi Cabi, avait été séquestré pendant cinq jours dans les locaux mêmes de la commission électorale avant d’être libéré le dimanche 30 novembre. Lors de la conférence de presse du 2 décembre, tenue en présence de responsables de la CNE et devant une délégation de la CEDEAO, Mpabi Cabi est apparu les traits tirés, silencieux, n’ayant prononcé aucun mot. Plusieurs sources évoquent les pressions considérables exercées par la junte militaire sur l’institution électorale pour qu’elle se déclare dans l’impossibilité de proclamer les résultats.

L’assaut contre la démocratie : chronologie d’un sabotage électoral

Le 26 novembre au matin, alors que la Commission nationale électorale s’apprêtait à finaliser le décompte des voix et à annoncer les résultats provisoires, des scènes de violence ont marqué Bissau. Idriça Djalo a décrit lors de sa conférence de presse des actes de vandalisme systématiques commis dans les locaux de la CNE : « Un groupe d’hommes armés et cagoulés a fait irruption dans la salle de compilation des résultats. Ils ont menacé les 45 membres de la CNE présents et arrêté le président de la commission, Mpabi Cabi, ainsi que les cinq juges de la Cour suprême présents dans la salle. »

Cette attaque coordonnée visait à empêcher toute proclamation des résultats officiels. Selon plusieurs témoignages concordants, les assaillants ont systématiquement détruit les urnes, brûlé des procès-verbaux et confisqué du matériel électoral. Des actes similaires se sont produits dans d’autres régions stratégiques du pays. Les procès-verbaux des régions clés d’Oio et de Cacheu, en cours d’acheminement vers la capitale, ont été interceptés et confisqués par d’autres groupes armés avant même d’atteindre Bissau.

L’opposant Domingos Simões Pereira, figure historique du PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert), a été l’un des premiers à dénoncer cette manipulation. Le jour même du coup d’État, il s’est confié aux médias internationaux depuis une réunion avec des observateurs de l’Union africaine : « Des militaires ont tenté de pénétrer dans les bureaux de la commission électorale pour forcer son président à lire des résultats donnant Umaro Sissoco Embaló vainqueur, alors que Fernando Dias, le candidat que nous soutenons, est vainqueur dès le premier tour. »

Les soupçons d’un « coup d’État simulé » pour masquer une défaite électorale

Dès les premières heures du putsch, plusieurs éléments ont alimenté les soupçons d’un « auto-coup » orchestré par le président sortant Embaló lui-même pour se maintenir au pouvoir. L’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, membre de la mission d’observation du scrutin, a estimé que le putsch était « cérémonial ». Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko l’a qualifié sans détour de « combine » pour arrêter le processus électoral.

Les indices ne manquent pas pour étayer cette thèse. Premièrement, c’est Umaro Sissoco Embaló lui-même qui a annoncé aux médias internationaux, notamment à Jeune Afrique et France 24, qu’il était « victime » d’un coup d’État, appelant même depuis sa « détention » pour donner des interviews. Cette liberté de communication au moment même où il affirmait être arrêté a immédiatement suscité la perplexité des observateurs.

Deuxièmement, les figures militaires qui ont pris le pouvoir sont toutes des proches du président sortant. Le général Horta Inta-A Na Man, désormais « président de la transition » et chef du Haut commandement militaire, était jusqu’alors chef d’état-major de l’armée et ancien directeur de cabinet d’Embaló. Le général Tomas Djassi, nouveau chef d’état-major des armées, était précédemment chef d’état-major particulier du président Embaló. Le brigadier général Denis N’Canha, qui a lu le communiqué annonçant la prise de pouvoir, était chef du bureau militaire de la présidence, un homme de l’intérieur par excellence.

Troisièmement, l’évacuation du président déchu vers le Sénégal dès le 27 novembre, organisée via un avion affrété par Dakar, contraste fortement avec le sort habituellement réservé aux dirigeants renversés par de véritables coups d’État. Embaló a ensuite trouvé refuge à Brazzaville au Congo, puis finalement à Rabat au Maroc, vivant en exil confortable avec ses proches plutôt qu’en détention comme les véritables opposants arrêtés le jour du putsch.

Une opposition bâillonnée et la société civile indignée

Pendant que le président sortant circulait librement d’une capitale africaine à l’autre, les véritables opposants subissaient un tout autre traitement. Domingos Simões Pereira a été arrêté le 26 novembre et placé en détention dans une base aérienne de Bissau. Des membres de son équipe de campagne, des cadres du PAIGC, ainsi que le procureur général de la Guinée-Bissau Fernando Gomez restent également en détention à ce jour. La Ligue guinéenne des droits de l’Homme a exprimé son inquiétude face à cette répression ciblée.

Fernando Dias da Costa, le candidat d’opposition qui revendique la victoire au premier tour du scrutin présidentiel, a trouvé refuge à l’ambassade du Nigeria à Bissau, où il bénéficie de la protection du président nigérian Bola Tinubu. Depuis son asile, il conteste vigoureusement la version officielle de la commission électorale concernant l’impossibilité de proclamer les résultats.

Dias argue que chaque représentant de candidat présent dans les bureaux de vote a obtenu une copie des procès-verbaux de dépouillement, comme le prévoit la loi électorale. Il affirme connaître précisément son score et maintient sa revendication de victoire dès le premier tour. Cette position est appuyée par des groupements de la société civile bissau-guinéenne et des organisations d’observation électorale, qui estiment que la commission électorale est sous pression directe de la junte et que la destruction du matériel électoral, bien que réelle, n’empêche pas techniquement la compilation des résultats à partir des copies des procès-verbaux.

Le Front populaire, une coalition de la société civile en Guinée-Bissau, a carrément accusé Embaló et l’armée d’avoir organisé un « coup d’État simulé » pour empêcher la publication de résultats électoraux qui lui étaient défavorables, afin de rester au pouvoir et de permettre à ses affidés militaires de désigner un nouveau président et un nouveau gouvernement.

La réaction ferme de la CEDEAO et de l’Union africaine

Face à cette confiscation manifeste de la volonté populaire, les organisations régionales et continentales ont réagi avec une fermeté inhabituelle. Le 28 novembre, lors d’un sommet extraordinaire virtuel, le Conseil de médiation et de sécurité (CMS) de la CEDEAO, présidé par Julius Maada Bio, président de la Sierra Leone et président en exercice de l’organisation régionale, a condamné « dans les termes les plus forts » le coup d’État du 26 novembre 2025.

La CEDEAO a suspendu la Guinée-Bissau de tous ses organes décisionnels, conformément au Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance de 2001. Cette suspension restera en vigueur « jusqu’au rétablissement complet de l’ordre constitutionnel ». Le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, a martelé que « la CEDEAO ne tolérera aucun recul démocratique dans la sous-région ».

L’organisation régionale a exigé plusieurs mesures immédiates : la libération inconditionnelle de tous les détenus, en particulier le président Embaló (dont l’arrestation était alors présentée comme réelle), les responsables électoraux et les figures politiques d’opposition ; l’autorisation pour la Commission nationale électorale de publier les résultats des élections du 23 novembre ; le retour des forces armées dans leurs casernes ; et la protection des observateurs électoraux internationaux encore présents dans le pays.

Une mission de médiation de haut niveau a été constituée, comprenant les présidents Faure Gnassingbé du Togo, José Maria Pereira Neves du Cap-Vert et Bassirou Diomaye Faye du Sénégal. Cette délégation s’est rendue à Bissau le 1er décembre pour rencontrer les autorités de fait et tenter un règlement par le dialogue. C’est à l’issue de cette visite que la commission électorale a annoncé son impossibilité de proclamer les résultats, une déclaration largement perçue comme le résultat des pressions exercées par la junte plutôt que d’une impossibilité technique réelle.

L’Union africaine adopte une posture de « tolérance zéro »

L’Union africaine n’a pas été en reste dans sa condamnation du coup d’État bissau-guinéen. Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a réitéré la politique de « tolérance zéro » de l’organisation continentale à l’égard des changements de gouvernement anticonstitutionnels. La Guinée-Bissau a été suspendue des instances de l’Union africaine dès le 28 novembre.

Dans son communiqué, l’UA a exigé la libération immédiate et inconditionnelle de tous les responsables détenus et a souligné que « seule la Commission électorale nationale est habilitée à proclamer les résultats des élections ». Cette position met l’accent sur le caractère sacré du mandat de l’institution électorale, qui ne saurait être remplacé ou contourné par quelque autorité militaire que ce soit.

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, s’est également déclaré « profondément préoccupé par les événements actuels » en Guinée-Bissau. L’ONU a qualifié le renversement des autorités élues « quelques jours seulement après les élections nationales » de « grave violation de l’ordre constitutionnel et des principes démocratiques ». Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé ses inquiétudes face aux arrestations et détentions arbitraires, aux menaces et intimidations à l’encontre des médias et des journalistes, ainsi qu’aux allégations d’usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques.

Guinée-Bissau : un pays piégé dans un cycle d’instabilité

Pour comprendre la gravité de cette énième crise, il faut replacer les événements dans le contexte plus large de l’histoire tourmentée de la Guinée-Bissau depuis son indépendance du Portugal en 1974. Le pays a connu neuf coups d’État ou tentatives de coup d’État en cinquante ans d’indépendance. Le dernier coup d’État réussi remontait à 2012, avant celui de novembre 2025.

Cette instabilité chronique a plusieurs racines. La Guinée-Bissau est devenue depuis les années 2000 une plaque tournante majeure du trafic de cocaïne entre l’Amérique latine et l’Europe. L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime l’a longtemps qualifiée de « narco-État ». Les barons de la drogue ont infiltré l’armée et les institutions politiques, créant des réseaux de corruption qui fragilisent la gouvernance démocratique.

Les ressources du pays, notamment tirées de la noix de cajou dont l’économie dépend largement, sont insuffisantes pour garantir des soldes régulières aux forces armées et aux fonctionnaires. Cette précarité économique nourrit les frustrations et crée des conditions propices aux aventures militaires. Les liens entre certains officiers supérieurs et les réseaux du narcotrafic compliquent encore davantage la donne.

Le président Embaló lui-même est arrivé au pouvoir en 2020 au terme d’une élection présidentielle contestée, qui avait débouché sur plusieurs mois de crise post-électorale. Son rival de l’époque, déjà Domingos Simões Pereira, avait également revendiqué la victoire. Les procédures judiciaires et les interventions de la CEDEAO avaient finalement permis à Embaló de prendre ses fonctions, mais cette légitimité contestée a pesé sur toute sa gouvernance.

La manipulation institutionnelle au service du pouvoir personnel

Durant son mandat, Umaro Sissoco Embaló a été accusé par l’opposition de faire main basse sur les institutions guinéennes. En 2022, il avait dissous l’Assemblée nationale populaire, la qualifiant d' »espace de guérilla politique et de complot », après une tentative de coup d’État militaire dont il avait effectivement été la cible en février de la même année.

Pour l’élection présidentielle de novembre 2025, Embaló a usé de manœuvres judiciaires pour écarter ses principaux rivaux. Le 24 septembre 2025, la Cour suprême avait invalidé la candidature de la coalition Plateforme de l’alliance inclusive-Terra Ranka dirigée par Domingos Simões Pereira aux élections législatives. Le 14 octobre, la candidature de Domingos Simões Pereira à la présidentielle n’avait pas été retenue par la Cour suprême, une première dans l’histoire de la Guinée-Bissau : le PAIGC, parti historique de la lutte pour l’indépendance et formation politique la plus ancienne et la plus structurée du pays, se voyait interdit de présenter son candidat naturel à l’élection présidentielle.

Cette exclusion du PAIGC a été dénoncée comme une manipulation anti-démocratique par toute l’opposition et de nombreux observateurs internationaux. Le parti avait remporté les élections législatives de 2023 avec la majorité absolue, prouvant son ancrage populaire. Son exclusion de la présidentielle de 2025 ne pouvait s’expliquer que par une volonté politique de neutraliser le principal adversaire du président sortant.

Le PAIGC a alors décidé de soutenir Fernando Dias da Costa, un nouveau venu en politique âgé de 47 ans. Ce dernier a mené une campagne dynamique qui lui a permis de mobiliser au-delà de la base traditionnelle du PAIGC et de devenir le principal challenger d’Embaló. Selon les témoignages des représentants de l’opposition et de nombreux observateurs, Fernando Dias aurait remporté l’élection dès le premier tour avec une avance significative.

Les défis pour la restauration de la démocratie

Deux semaines après le coup d’État, la situation reste bloquée en Guinée-Bissau. Le général Horta Inta-A Na Man, installé comme « président de la transition », a annoncé que cette période de transition durerait un an. Les militaires ont levé le couvre-feu instauré le jour du putsch, mais ont interdit « toute manifestation » sur le territoire national.

La vie reprend timidement à Bissau, mais dans un climat de méfiance et de peur. Les commerces ont rouvert, mais les écoles restent fermées pour la plupart. Les Bissau-Guinéens restent sous le choc de voir leur vote confisqué et le pays replongé dans l’incertitude politique.

La mission de médiation de la CEDEAO n’a obtenu aucun résultat concret lors de sa visite du 1er décembre. Ni la libération des détenus politiques, ni la publication des résultats électoraux, ni le retour à l’ordre constitutionnel n’ont été obtenus. La CEDEAO a promis de se pencher à nouveau sur le cas de la Guinée-Bissau lors d’une réunion extraordinaire des chefs d’État prévue le 14 décembre.

L’organisation régionale se réserve le droit d’appliquer toutes les sanctions prévues par ses protocoles de 2001 et 2012, y compris des sanctions individuelles ciblées contre les responsables du coup d’État et toute entité jugée responsable de la perturbation du processus démocratique. Toutefois, après les échecs de la CEDEAO au Mali, au Burkina Faso et en Guinée-Conakry, où les sanctions n’ont pas permis de rétablir l’ordre constitutionnel, l’efficacité de ces mesures reste incertaine.

Une question panafricaine : jusqu’où tolérer les putschs?

La crise bissau-guinéenne pose une question fondamentale pour l’Afrique de l’Ouest et pour l’ensemble du continent : comment mettre fin au cycle des coups d’État qui gangrène la sous-région depuis quelques années ? Entre 2020 et 2025, le Mali, la Guinée-Conakry, le Burkina Faso, le Niger, le Gabon et maintenant la Guinée-Bissau ont tous connu des putschs militaires.

Certains de ces coups d’État, notamment au Mali et au Burkina Faso, ont été accueillis favorablement par une partie de la population, lassée de gouvernances civiles jugées corrompues et incapables d’assurer la sécurité. Le cas de la Guinée-Bissau est différent : ici, c’est un processus électoral en cours qui a été interrompu, la volonté populaire clairement exprimée qui a été bafouée.

Les jeunes démocraties africaines font face à un paradoxe. D’un côté, les citoyens réclament de plus en plus de comptes à leurs dirigeants et veulent des changements par les urnes. De l’autre, les élites au pouvoir manipulent les institutions, truquent les élections ou refusent de partir quand elles perdent, créant ainsi des frustrations qui peuvent conduire à des explosions de violence ou des interventions militaires.

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, figure de la nouvelle génération de dirigeants africains, a souligné la nécessité de « protéger les populations et d’assurer un climat apaisé pour tout processus électoral dans la sous-région ». Son implication personnelle dans la médiation bissau-guinéenne, aux côtés de ses homologues togolais et cap-verdien, témoigne d’une volonté des États démocratiques de la région de ne pas laisser le champ libre aux aventuriers militaires.

La démocratie africaine face à ses démons

L’impossibilité proclamée de publier les résultats de l’élection présidentielle en Guinée-Bissau constitue un précédent dangereux pour toute l’Afrique de l’Ouest. Si l’on peut détruire du matériel électoral pour empêcher la proclamation de résultats défavorables, si l’on peut monter des coups d’État « cérémonieaux » pour se maintenir au pouvoir, alors aucune élection ne sera jamais définitive, aucun vote ne sera jamais respecté.

Les Bissau-Guinéens méritent de connaître le véritable résultat de leur vote du 23 novembre. La communauté internationale, à commencer par les organisations africaines que sont la CEDEAO et l’Union africaine, doit exercer toutes les pressions nécessaires pour que la vérité des urnes soit proclamée et que l’ordre constitutionnel soit rétabli.

Au-delà du cas bissau-guinéen, c’est toute l’architecture démocratique africaine qui est en jeu. Le continent ne peut se développer durablement dans l’instabilité politique chronique. Les peuples africains aspirent à la stabilité, à la prospérité et au respect de leurs choix démocratiques. Il appartient aux institutions continentales, mais aussi et surtout aux dirigeants africains eux-mêmes, de garantir que ces aspirations légitimes ne soient plus piétinées par des ambitions personnelles et des coups de force militaires.

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El Djezairi Bilal est journaliste et analyste politique, passionné par les luttes d'émancipation et l'histoire contemporaine du continent africain. Héritier d'une tradition éditoriale fondée dans le souffle de l'indépendance algérienne, il a ressuscité Révolution Africaine — titre historique né au lendemain de 1962 et disparu depuis — pour en faire un média numérique d'actualité panafricaine. À travers ce projet de mémoire et de continuité, il ambitionne d'offrir une information rigoureuse et engagée sur les mutations politiques, sociales et géopolitiques qui traversent l'Afrique d'aujourd'hui. Fidèle à l'esprit combatif du titre originel, il défend une presse africaine indépendante, ancrée dans les réalités du continent et accessible à tous.
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