CAF Awards 2025 : Achraf Hakimi couronné, le Maroc triomphe à Rabat

Le défenseur marocain du Paris Saint-Germain a remporté mercredi le trophée de Joueur africain de l’année 2025 lors d’une cérémonie organisée dans son pays natal. Une soirée de gala qui a consacré la domination du football marocain avec plusieurs distinctions majeures, symbolisant l’ascension fulgurante du royaume chérifien sur la scène continentale et mondiale.

Le couronnement attendu d’Achraf Hakimi sur ses terres

La cérémonie des CAF Awards 2025, organisée mercredi soir à Rabat, a mis fin au suspense qui n’en était finalement pas vraiment un concernant l’identité du lauréat du prestigieux trophée de Joueur africain de l’année. Comme l’anticipaient les observateurs du football continental, Achraf Hakimi a remporté cette distinction suprême devant Mohamed Salah de Liverpool et Victor Osimhen, les deux autres finalistes qui ne faisaient manifestement pas le poids face au palmarès exceptionnel du latéral droit marocain cette année. Le défenseur du Paris Saint-Germain, qui avait déjà été finaliste lors des éditions 2023 et 2024 sans parvenir à décrocher le trophée, a donc finalement été sacré sur ses terres natales à exactement un mois du lancement de la Coupe d’Afrique des Nations que le Maroc organisera et où les Lions de l’Atlas partiront parmi les grands favoris pour décrocher un titre continental qui échappe au royaume depuis 1976. Cette reconnaissance individuelle couronne une saison 2024-2025 absolument remarquable pour le joueur de 26 ans qui a presque tout gagné avec son club parisien et qui s’est affirmé comme l’un des latéraux droits les plus complets et les plus décisifs du football mondial, capable d’allier performances défensives solides et contributions offensives déterminantes dans les moments cruciaux. Hakimi est venu récupérer son trophée sur la scène de Rabat malgré une blessure à la cheville qui l’a contraint à se présenter avec une botte de protection au pied, image qui témoigne de sa détermination à être présent pour ce moment historique tout en préservant sa condition physique en vue de la CAN qui débutera fin décembre et où le Maroc nourrira de légitimes ambitions de sacre devant son public. Cette distinction vient récompenser non seulement ses performances exceptionnelles en club mais également son leadership constant au sein de la sélection marocaine dont il porte le brassard de capitaine et qu’il a menée lors du parcours historique en demi-finale de la Coupe du monde 2022 au Qatar, première nation africaine et arabe à atteindre ce stade de la compétition mondiale.

Un palmarès écrasant qui laisse la concurrence loin derrière

La supériorité d’Achraf Hakimi dans la course au Ballon d’Or africain 2025 ne faisait finalement guère de doute lorsqu’on examine en détail son palmarès de l’année écoulée qui relègue largement ses concurrents au second plan malgré leurs propres accomplissements respectables. Certes, Mohamed Salah a terminé champion d’Angleterre avec Liverpool et a affiché des statistiques offensives absolument exceptionnelles avec 29 buts et 18 passes décisives en Premier League cette saison, chiffres remarquables qui en font l’un des attaquants les plus prolifiques d’Europe, mais l’Égyptien et les Reds se sont heurtés à un mur infranchissable en huitièmes de finale de la Ligue des champions face au Paris Saint-Germain d’Achraf Hakimi justement, élimination précoce qui a considérablement affaibli sa candidature au trophée continental. Le désormais nouveau Ballon d’Or africain a en effet réalisé une razzia impressionnante sur tous les titres disponibles en club avec le PSG : champion de France pour la énième fois consécutive, vainqueur de la Ligue des champions européenne après des années de frustrations parisiennes dans cette compétition, finaliste de la Coupe du monde des clubs où Paris s’est incliné de justesse, et vainqueur de la Supercoupe d’Europe face au champion en titre, un quadruplé presque parfait qui place le club de la capitale française au sommet du football européen et mondial. Au-delà de ce palmarès collectif éclatant, Hakimi a auréolé cette moisson de trophées de statistiques individuelles impressionnantes pour un joueur évoluant au poste de latéral droit, position traditionnellement davantage centrée sur les tâches défensives que sur la contribution offensive. Sous les ordres tactiques de Luis Enrique qui lui accorde une grande liberté dans les phases offensives, le Marocain a inscrit quatre buts et délivré six passes décisives en Ligue 1 française, et quasiment autant en Ligue des champions avec quatre réalisations et cinq assists, chiffres remarquables qui démontrent son impact direct sur les résultats de son équipe. Plus important encore, Hakimi s’est montré décisif dans les rencontres à enjeu maximal, inscrivant un but crucial en demi-finale de la Ligue des champions contre Arsenal puis ouvrant le score en finale contre l’Inter Milan, but qui a lancé le PSG vers son premier sacre européen tant attendu par les supporters parisiens et les investisseurs qataris du club. Cette capacité à performer dans les grands rendez-vous, caractéristique des véritables champions, a indéniablement pesé lourd dans la décision des votants qui ont massivement plébiscité le latéral marocain pour cette distinction suprême du football africain.

Le Maroc à l’honneur : une domination continentale multiforme

Au-delà du seul sacre d’Achraf Hakimi comme meilleur joueur africain, la soirée des CAF Awards à Rabat a véritablement consacré la domination actuelle du football marocain sur le continent africain à travers de multiples catégories qui témoignent de la profondeur et de l’excellence du système footballistique du royaume chérifien. Chez les femmes, c’est une autre Marocaine, Ghizlane Chebbak, qui a été sacrée Joueuse africaine de l’année après avoir mené sa sélection jusqu’en finale de la CAN féminine, tournoi qu’elle a terminé en tant que meilleure buteuse de la compétition, démontrant ainsi ses qualités de finisseuse devant les buts adverses. La capitaine de la sélection féminine marocaine, qui a quitté le championnat national et l’AS FAR en 2024 après avoir remporté tous les titres possibles au Maroc et affirmé sa suprématie sur le football féminin local, évolue désormais en Arabie Saoudite où elle a signé cet été à Al-Hilal, club ambitieux qui investit massivement pour développer le football féminin dans le royaume saoudien. Les trophées de meilleurs jeunes joueurs de l’année sont également revenus à deux espoirs marocains promis à de belles carrières : Othmane Maamma qui évolue à Watford en Angleterre et qui représente l’avenir de la ligne offensive des Lions de l’Atlas, et Doha El Madani qui brille avec l’AS FAR et incarne la nouvelle génération dorée du football féminin marocain. La sélection nationale U20 masculine du Maroc a quant à elle été logiquement désignée meilleure équipe nationale de l’année après son extraordinaire parcours qui l’a menée au titre de championne du monde de la catégorie, exploit historique pour le football africain et arabe qui a vu ces jeunes Marocains dominer les meilleures sélections mondiales et démontrer que le football du royaume a atteint un niveau de maturité tactique et technique comparable aux grandes nations footballistiques européennes et sud-américaines. Le sélectionneur Mohamed Ouahbi est venu récupérer ce trophée collectif sur la scène de Rabat sous les applaudissements d’un public en liesse, conscient que cette génération dorée constitue le vivier dans lequel l’équipe nationale A puisera ses futurs internationaux lors des prochaines grandes compétitions. Le gardien de but Yassine Bounou, qui avait déjà remporté ce trophée en 2023, a de nouveau été sacré meilleur portier africain de l’année, confirmant ainsi sa régularité au plus haut niveau et son statut de référence continentale à son poste, lui qui évolue désormais à Al-Hilal en Arabie Saoudite après avoir brillé en Liga espagnole avec le FC Séville. Cette accumulation de récompenses individuelles et collectives lors d’une seule et même édition des CAF Awards constitue un événement sans précédent dans l’histoire récente du football africain et témoigne de l’investissement massif consenti par les autorités marocaines dans le développement du football national à tous les niveaux, des infrastructures de formation aux compétitions de jeunes en passant par le football féminin longtemps négligé sur le continent.

Les autres distinctions : le Nigeria, l’Égypte et le Cap-Vert également honorés

Si le Maroc a indéniablement dominé cette édition 2025 des CAF Awards en raflant la majorité des trophées majeurs, d’autres nations africaines ont également été mises à l’honneur pour leurs accomplissements sportifs remarquables au cours de l’année écoulée. Chez les femmes, c’est logiquement le Nigeria qui a remporté le trophée de meilleure sélection féminine grâce à son succès à la CAN organisée cet été, tournoi que les Super Falcons ont dominé de bout en bout sous la conduite de leur capitaine et joueuse-phare Rasheedat Ajibade qui avait été élue meilleure joueuse de la compétition après des performances éblouissantes qui ont confirmé son statut de référence du football féminin africain. La gardienne nigériane Chiamaka Nnadozie a quant à elle réalisé un triplé historique en remportant pour la troisième année consécutive le titre de meilleure portière africaine après ses sacres de 2023 et 2024, performance remarquable qui témoigne de sa constance au plus haut niveau et de sa domination sur son poste à l’échelle continentale. Tout juste transférée à Brighton en Angleterre où elle va découvrir le championnat de Women’s Super League considéré comme l’un des meilleurs championnats féminins au monde, elle avait réalisé une saison exceptionnelle sous les couleurs du Paris FC avec qui elle avait remporté la Coupe de France face à Lyon, exploit majeur pour un club francilien en pleine ascension. Du côté des clubs masculins, le titre de meilleur club de l’année est revenu au Pyramids FC égyptien après le superbe parcours continental de cette formation qui a surpris tous les observateurs en atteignant sa toute première finale de Ligue des champions de la CAF en éliminant successivement plusieurs favoris dont les redoutables Orlando Pirates sud-africains en demi-finale. Le club cairote a ensuite décroché son premier titre continental en battant en finale les Mamelodi Sundowns, formation sud-africaine pourtant habituée aux grands rendez-vous européens et qui partait favorite de cette confrontation finale. L’attaquant congolais du Pyramids FC, Fiston Mayele, a été nommé joueur interclubs de l’année après avoir inscrit neuf buts décisifs au cours de cette campagne continentale remarquable, performance offensive qui a largement contribué au sacre historique de son club et qui démontre que la RDC continue de produire des attaquants de classe mondiale capables de faire la différence dans les grandes compétitions africaines. Enfin, dans la catégorie entraîneur de l’année chez les hommes, c’est le technicien Bubista qui a été récompensé pour son travail exceptionnel à la tête de la sélection cap-verdienne qu’il a qualifiée pour la toute première Coupe du monde de l’histoire de cette petite nation insulaire atlantique, exploit absolument historique pour un pays de seulement 500 000 habitants qui n’avait jamais franchi ce cap auparavant et qui a réussi à se qualifier au terme d’une campagne éliminatoire remarquable face à des nations africaines beaucoup plus peuplées et disposant de ressources bien supérieures.

Les zones d’ombre qui persistent malgré les célébrations

Si la soirée des CAF Awards à Rabat a été globalement placée sous le signe de la célébration des exploits sportifs africains de l’année écoulée, quelques éléments plus sombres sont venus ternir légèrement ce tableau globalement très positif pour le football continental. La présence d’Achraf Hakimi sur scène pour recevoir son trophée, bien que compréhensible compte tenu de l’importance symbolique de ce moment pour sa carrière, intervient alors que le joueur marocain fait toujours l’objet d’une procédure judiciaire en France pour une accusation de viol déposée contre lui. Le parquet de Nanterre a en effet requis en août dernier son renvoi en procès, et le joueur avait déjà été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire en mars 2023 après qu’une jeune femme l’avait accusé de l’avoir agressée sexuellement à son domicile parisien, accusations que le joueur et ses avocats ont toujours fermement contestées en plaidant l’innocence et en dénonçant une tentative d’extorsion. Cette situation judiciaire non résolue, qui plane sur la carrière du latéral marocain depuis plus de deux ans maintenant, pose des questions sur les critères pris en compte par la CAF dans l’attribution de ses distinctions et sur la question de savoir si les comportements présumés en dehors des terrains devraient avoir un impact sur les récompenses purement sportives, débat éthique qui traverse régulièrement le monde du football mondial lorsque des joueurs impliqués dans des affaires judiciaires continuent néanmoins de recevoir des honneurs individuels. Malgré cette menace judiciaire qui pèse sur son avenir, Hakimi est resté performant tout au long de l’année 2025 sur le plan strictement sportif, démontrant une capacité de concentration remarquable pour maintenir son niveau d’excellence malgré la pression médiatique et psychologique considérable engendrée par cette affaire très médiatisée. Au-delà de ce cas individuel, la soirée de Rabat a également souligné les disparités persistantes entre football masculin et féminin sur le continent africain, avec une attention médiatique et des récompenses financières qui demeurent très largement inférieures pour les joueuses par rapport à leurs homologues masculins malgré les progrès indéniables accomplis ces dernières années dans le développement du football féminin dans plusieurs pays africains dont le Maroc, le Nigeria et l’Afrique du Sud qui font figure de locomotives dans ce domaine.

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El Djezairi Bilal est journaliste et analyste politique, passionné par les luttes d'émancipation et l'histoire contemporaine du continent africain. Héritier d'une tradition éditoriale fondée dans le souffle de l'indépendance algérienne, il a ressuscité Révolution Africaine — titre historique né au lendemain de 1962 et disparu depuis — pour en faire un média numérique d'actualité panafricaine. À travers ce projet de mémoire et de continuité, il ambitionne d'offrir une information rigoureuse et engagée sur les mutations politiques, sociales et géopolitiques qui traversent l'Afrique d'aujourd'hui. Fidèle à l'esprit combatif du titre originel, il défend une presse africaine indépendante, ancrée dans les réalités du continent et accessible à tous.
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