Une disparition qui endeuille le monde musical
Le monde de la musique est en deuil : Amadou Bagayoko, guitariste et chanteur emblématique du duo Amadou & Mariam, est décédé le vendredi 4 avril 2025 à Bamako, à l’âge de 70 ans, des suites d’une longue maladie. Connu pour son jeu de guitare inimitable et son énergie scénique rayonnante, Amadou laisse derrière lui une carrière exceptionnelle et un héritage artistique immense.
Un destin forgé dans l’adversité
Né le 24 octobre 1954 à Bamako, Amadou Bagayoko perd la vue dans son enfance à cause d’une cataracte congénitale. Très jeune, il se passionne pour la musique et apprend la guitare en autodidacte, influencé par des icônes du rock et du blues comme Jimi Hendrix, Eric Clapton ou encore Alvin Lee. Son talent le mène à intégrer dans les années 1970 le mythique groupe Les Ambassadeurs du Motel de Bamako, où il côtoie Salif Keïta.
C’est en 1976, à l’Institut des jeunes aveugles de Bamako, qu’il rencontre Mariam Doumbia. Ensemble, ils vont former un couple à la scène comme à la ville, devenant rapidement l’un des duos les plus singuliers de la musique africaine contemporaine.
Le duo qui a conquis le monde
Leur ascension débute à l’international en 1998 avec l’album Je pense à toi. Mais c’est Dimanche à Bamako (2004), produit par Manu Chao, qui fait d’eux des stars planétaires. Des titres comme Beaux dimanches deviennent emblématiques de leur style, mêlant afro-pop, sons traditionnels maliens et influences occidentales.
Le succès s’enchaîne : le duo collabore avec Damon Albarn (Blur, Gorillaz) sur le titre Sabali en 2008, assure les premières parties de Coldplay en 2009 puis de U2 en 2011, et se produit à Oslo en 2009 pour saluer l’attribution du prix Nobel de la paix à Barack Obama.
Un engagement et une reconnaissance mondiale
Engagés et accessibles, Amadou & Mariam deviennent des porte-voix de l’Afrique moderne. Ils remportent les Victoires de la musique en France, les BBC Awards au Royaume-Uni, et sont nominés aux Grammy Awards américains en 2010. En septembre 2024, ils marquent une dernière grande scène : la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques de Paris, avec une interprétation poignante de Je suis venu te dire que je m’en vais.
Hommages et émotion
À l’annonce de sa mort, les réactions ont été immédiates et émues. Mariam Doumbia, sa partenaire de vie et de musique, a confié avec douleur :
« Amadou est parti comme ça. Je vais désormais rester seule dans la vie. »
L’artiste français Matthieu Chedid, proche du couple, a salué « un être rare et un guitariste inouï ». Les réseaux sociaux et les médias africains comme européens ont abondamment relayé son parcours et salué une icône.
Un héritage vivant
Amadou Bagayoko laisse une empreinte indélébile dans le paysage musical mondial. Son art, ancré dans les traditions maliennes mais résolument tourné vers l’universel, a ouvert des ponts entre les continents, entre les cultures, entre les générations.
Il restera une source d’inspiration pour tous ceux qui croient que la musique peut dépasser les barrières – physiques, sociales ou géographiques – pour raconter ce qu’il y a de plus humain.
Adieu Amadou. Et merci pour la musique.





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