Mercredi 26 mars, un rassemblement organisé à Paris pour lutter contre l’islamisme a rapidement dévié vers des prises de parole accusées de relayer des discours stigmatisants et racistes envers la communauté musulmane. Contrairement aux habituelles figures de l’extrême droite, ce sont des personnalités politiques se réclamant du camp républicain qui ont pris la parole, parmi lesquelles Bruno Retailleau (sénateur LR), Christian Estrosi (maire de Nice), Manuel Valls (ancien Premier ministre) et François-Xavier Bellamy (député européen LR).
Un discours proche de l’extrême droite, selon les critiques
Les interventions, bien que présentées comme une défense de la laïcité, ont été comparées par certains observateurs aux discours traditionnels de la droite radicale. Mediapart a qualifié plusieurs propos de « nauséabonds », dénonçant une banalisation des amalgames entre islam, islamisme et terrorisme. L’événement était organisé par le groupe pro-israélien Elnet, proche du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.
Les déclarations choc des intervenants
- Bruno Retailleau a affirmé qu’il ne fallait « jamais rien céder face à l’islamisme », évoquant une supposée progression de la charia « dans l’omerta ». Il a également attaqué le voile islamique, le qualifiant de « marqueur de soumission », avant de lancer : « Vive le sport et à bas le voile ! », provoquant des réactions indignées.
- Christian Estrosi s’en est pris à l’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan et à La France insoumise (LFI), les accusant d’« intelligence avec l’ennemi ».
- Noëlle Lenoir, présidente du comité de soutien à l’écrivain Boualem Sansal, a déclaré : « La lutte contre l’islamisme, c’est un combat à la vie, à la mort, c’est nous ou eux », estimant que la France risquait de « basculer dans une théocratie ».
- Thibault de Montbrial, avocat proche de Retailleau, a appelé à une « bataille culturelle » en invoquant des figures historiques comme Charles Martel, Jeanne d’Arc ou Saint Louis.
- Manuel Valls, en clôture, a réitéré sa thèse selon laquelle l’antisémitisme viendrait principalement du « monde arabo-musulman », appelant à se tenir « debout face au danger islamiste ».
Un meeting sous le signe des amalgames
La soirée a été marquée par des rapprochements contestés entre des sujets distincts : le Hamas, le terrorisme, la question du voile et même l’affaire Boualem Sansal. Arié Bensemhoun, organisateur de l’événement, a assuré que depuis les attaques du 7 octobre 2023 en Israël, « personne en France, juif ou non, n’est en sécurité ».
Polémiques et réactions
Les propos tenus ont suscité de vives critiques, notamment sur les réseaux sociaux, où plusieurs voix ont dénoncé une islamophobie décomplexée. Mediapart a relevé les nombreuses références religieuses (Saint Paul, Sainte Thérèse de Lisieux, le prophète Isaïe) dans un meeting censé défendre la laïcité, y voyant une contradiction.
Ce rassemblement illustre la montée en puissance d’un discours dur contre l’islam politique en France, mais aussi les risques de dérives vers une stigmatisation généralisée des musulmans.





Laisser une Réponse